Chaîne privée

De ce côté là du miroir, je savais qu’elle ne pouvait pas me voir. Je n’avais finalement pas eu trop de mal à trouver une jolie femme à qui louer l’appartement juste à côté de chez moi. Quelques travaux et j’avais lancé ma nouvelle chaîne de programmes très personnels.

Au départ j’étais juste amusé, il suffisait que je tire un rideau placé dans ma chambre et je découvrais son salon. Le plus souvent, elle s’affairait au ménage, au rangement de ce petit appartement, un peu de télé, de lecture et surtout beaucoup de musique. Ayant l’habitude de vivre le plus souvent en lingerie, je ne regrettais pas de ne pas avoir accès à sa chambre, d’autant que récemment quittée, elle était encore convalescente des hommes et ne recevait pas.

Je me délectais donc de ne l’avoir que pour moi et je passais de plus en plus de temps derriere cette vitre.  Je la découvrais chaque jour un peu plus, je connaissais son emploi du temps, j’apprenais ses habitudes.  Je m’inquiétais parfois quand elle rentrait un peu plus tard et je m’angoissais un peu plus des longs moments passés au téléphone, une copine sans doute, ou sa mère.. qui d’autres ???

Petit à petit, je devenais inséparable de son intimité. Il m’arrivait même de ne pas aller au bureau le lundi, car ce jour là, sans que je sache pourquoi elle ne travaillait pas. Alors je m’installais, je la regerdais, je l’enviais, je l’aimais.  J’étais tombé amoureux de ses seins à peine cachés ou de ses fesses. J’adorais quand elle se mettait à danser au son de la musique, preque nue, les seins libres sous sa nuisette, la rose, ma préférée.

Parfois (seulement) elle se laissait tomber dans son canapé, une main glissant entre ses cuisses, l’autre caressant ses seins, je la voyais fermer les yeux, ses doigts semblaient si agiles, si adroits. Elle semblait alors ailleurs, ivre, grisée et moi je ne résistais pas très longtemps à l’envie de partager son plaisir.

J’étais hypnotisé, elle ne me connaissait pas. Je m’arrangeais pour la croiser sur le pallier, un peu mais pas trop mais elle ne me regardait pas, c’était trop tôt peut être ??
J’aurais voulu lui dire combien elle était jolie, combien elle me plaisait, lui demander ce qu’elle lisait, ce qu’elle écoutait, à qui elle téléphonait… mais elle n’aurait pas compris bien sur, pas admis et je ne l’aurais surement pas réconciliée ainsi avec les hommes.

Alors je reste, de l’autre côté du miroir, je la regarde, je l’aime mais je n’ose pas. Ma vie me semble entre parenthèses, est ce virtuel ? est ce réel ? elle est si près et pourtant si inaccessible.

Mr Y

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