QCM ad vitam eternam

Une partie de notre vie découle de nos choix, une autre non. Réfléchis, voulus, décidés, involontaires, directs, indirects, importants ou pas, peu importe, nous faisons tous des choix à un moment ou à un autre. Certains font celui d’être spectateur de leur vie et s’en remettent au destin, d’autres décident d’en être acteur et prennent leur vie à bras le corps, sans pour autant tout maîtriser car les conséquences de nos choix peuvent nous échapper parfois. Quoiqu’il en soit il n’y a ni bon ni mauvais choix je crois, mais juste des personnes qui assument ou non. Et c’est là que ça coince bien souvent…

J’ai fait un choix très important un jour… celui d’accepter mes non-choix.

“On a toujours le choix. On est même la somme de ses choix.” Joseph O’Connor

Mrs S

 

 

20 Réponses to “QCM ad vitam eternam”

  1. reinedespommes a dit :

    Héhé ! je crois qu’on choisit toujours, même en ne choisissant pas justement !
    En effet, après, il s’agit d’assumer ;-).
    Pomme

  2. Mrs S a dit :

    Enfiiiiiiiiin ! Une personne qui croit aussi que nous avons toujours le choix…
    Avoir le choix, pour beaucoup, cela signifie avoir des choix qui nous plaisent… non, parfois nous devons choisir entre le pire et le moins pire… cela reste un choix malgré tout.

  3. Patrick a dit :

    Ne pas choisir, c’est déjà choisir (le choix par défaut).

  4. Mrs S a dit :

    Votre phrase m’interpelle Patrick…

    Ne pas choisir volontairement est un choix bien sûr, mais ne pas choisir par contrainte (de la société ou d’autrui par exemple), cela reste t-il toujours un choix ?

    Nous faisons le choix de respecter les règles de la société donc j’aurais tendance à dire oui. Mais, est-ce aussi simple ?

  5. Patrick a dit :

    On est toujours libre de refuser la contrainte, fut-elle de issue de la société. Il faut bien sûr assumer d’être un hors-la-loi…

    La vie de Gandhi en est un très bon exemple :

    http://www.partaje.fr/les-lois/

    je crois qu’il s’est beaucoup inspiré de l’ouvrage de Thoreau : la désobéissance civile.

    http://www.forget-me.net/Thoreau/

    Je n’ai pas encore pris le temps de le lire mais je suppose que le but de cet ouvrage est de nous permettre de reprendre les choix que la société nous enlève.

    Plus j’avance dans ma pratique professionnelle et plus je suis convaincu que la gestion de nos choix est la clé de notre bien-être.

    Nous aurons sûrement l’occasion d’échanger sur ce sujet.

  6. Mrs S a dit :

    “Ce n’est pas la loi qui doit dicter ce qui est juste, mais ce qui est juste qui doit dicter la loi. Aussi bien, lorsque le citoyen estime qu’il y a conflit entre la loi et la justice, il doit choisir la justice et désobéir à la loi. Ce qui doit inspirer le comportement du citoyen, ce n’est pas ce qui est légal, mais ce qui est légitime. Ici, plusieurs questions se posent. N’est-il pas dangereux de laisser à chaque citoyen la libre appréciation de la légitimité des lois ? Permettre à chacun la liberté d’agir à sa guise, n’est-ce pas instituer le désordre dans toute la société ? Ne va-t-il pas suffire qu’une loi déplaise à un individu pour qu’il revendique le droit de lui désobéir ? Selon quels critères, en définitive, un citoyen peut-il avoir la certitude qu’une loi est injuste ?” De la désobéissance civile par Jean-Marie Muller

    Oui je crois aussi que nous avons toujours le choix d’accepter ou de refuser de se plier aux lois, aux règles de notre société. Le fait d’assumer est un autre débat finalement… Mais pas le moins important puisque c’est en assumant que nous pouvons être en accord avec soi et… accéder au bien être.

  7. Patrick a dit :

    les lois sont faites pour nous aider à vivre ensemble, mais elles s’appliquent à des masses, pas à des individus.

    Les besoins d’une masse ne sont pas les mêmes que ceux de l’individu, la fourmi n’a pas d’importance au sein de la fourmilière.

    Si une loi m’oblige à me sacrifier pour la masse, je ne suis pas sûr de l’accepter, je pense que je place mon individualisme avant mon sentiment d’appartenance nationale, par exemple.

    Notre société génère beaucoup de passivité parce qu’on croit que l’Etat est bon et compétent, qu’il va nous trouver les solutions. Notre société nous assiste trop, le bon sens, les réflexes vitaux doivent revenir.

    Un exemple récent m’a retourné : au JT de 13H00 on parle de l’augmentation du coût de la vie, nourriture, essence, etc… et on évoque le cas des retraités qui subissent de plein fouet la chose.
    Interview d’un couple qui de ces retraités qui dit “oui ! c’est dur, pour s’en sortir, on enlève les petits plaisirs…”. Ils parlaient du thé et du café, pas de voyages au Maroc !

    Dans 5 ans, ils en seront où s’ils continue à ne se fier qu’à l’Etat qui ne prends pas en compte leur situation ?

    Je crois sincèrement que l’Etre Humain doit s’assumer par lui même autant que faire se peut, et si une loi l’en empêche dangereusement, il doit s’autoriser à la contourner.

    Comme vous le soulignez très justement, la difficulté est de déterminer à quel moment il est juste de le faire…

  8. Mr Y a dit :

    C’est à mon sens le principe de la théorie du contrat social, les individus acceptent de vivre ensemble sous un même régime si celui-ci leur est globalement profitable.
    A la base et comme dans tout contrat, ce sont les individus qui doivent gérer l’accession à leur bien-être, l’Etat ne devant être que l’instrument mis au service de tous.
    En consacrant l’Etat Providence, l’individu se déresponsabilise en externalisant les causes de ses propres difficultés. Sans doute que le système a vécu et qu’il convient aujourd’hui d’en imaginer un autre.
    Mais l’individu, avant de s’affranchir ds règle, doit savoir s’il peut seul subvenir à ses besoins.
    Ces retraités qui “pleurent” sur leur pouvoir d’achat mesurent ils aussi les bénéfices qu’ils tirent du système de santé, de retraite, des services publics mis à leur disposition (eau, assainissement, aide à la personne..).
    Aussi n’est ce pas le fait de refuser délibérément une règle qui ne nous convient pas tout en revendiquant les autres qui nous sont favorables qui fragilise un système qui repose sur l’effort de tous..?

  9. Patrick a dit :

    Je partage votre point de vue.

    Simplement ce qui m’a touché dans ce reportage, c’est l’attitude de ces retraités. Ils ne remettaient pas en cause le système, aucune critique, aucune revendication, aucun refus, ils haussaient juste les épaules en disant qu’ils supprimaient le thé et le café. La prochaine fois, que leur restera-t-il à supprimer ?

    C’est cette passivité qui m’a touché, le bateau coule et ils attendent qu’on vienne les chercher pour les mettre dans le canot de sauvetage. Il ne pensent pas à se chercher une bouée, un bout de bois ou quoi que ce soit d’autre.

    Et là il ne s’agit plus de convenance, mais de survie. Je crois que derrière ce thé et ce café se profile un drame.

    L’Etat Providence touche lentement à sa fin, faute de moyen, faute de compétence, et parce que le concept est utopique. Mais ceux qui croient aveuglément en lui s’en trouvent fragilisés et vont se retrouver sur le bord de la route.

    Tant que cet Etat me permet de vivre, je peux le soutenir, mais si je sors malencontreusement du cadre de son action, à moi de prendre le relais.

    Je ne suis pas anarchiste et ne prêche pas pour la suppression d’un système étatique, je crois juste que chacun doit garder du bon sens et prendre soin de lui, notamment si l’Etat s’en montre soudain incapable.

    C’est à ce moment-là qu’il faut reprendre ses choix en main et ne plus laisser une administration anonyme et complexe les gérer pour nous, ou qui que ce soit d’autre, d’ailleurs. (pour revenir à l’origine de cette discussion) :-)

  10. Mr Y a dit :

    @ Patrick

    je pense en effet que pour beaucoup il est impossible de remettre un question un système dans lequel ils ont grandi. L’incapacité à changer d’angle de vue, la peur de la réforme, l’absence d’imagination de ce qui pourrait se faire différemment. Je ne les blâme pas.
    Mais chacun de nous n’est il pas un pilier de cet Etat, et si vous quittez le navire, ne contribuez vous pas à faire couler le bateau ?
    La révolution (ou la réforme) peut elle être individuelle ?

    Pour en revenir à la question, l’essentiel n’est peut être pas de revendiquer ses choix mais d’avoir conscience de ses non-choix non pas comme une fatalité mais comme quelque chose sur lequel nous avons la possibilité d’avoir un autre regard.

  11. reinedespommes a dit :

    @ vous tous : je crains que l’on ait fait depuis longtemps de notre société, une société d’assistés qui refusent justement de se prendre en charge pour quoi que ce soit.
    Alors, il ne faut pas s’étonner que certaines lois soient votées et … contournées !

  12. Patrick a dit :

    Mr Y: à vous lire, je ressens du paradoxe, je perçois mal votre position.

    Vous vous démarquez de ceux qui subissent passivement le système et en même temps vous m’incitez à garder ma place au sein de ce système pour le bien du système, même si celui-ci se retourne contre moi.

    J’ai l’impression que vous me suggérez de subir en toute connaissance de cause ?!?

    Tout ce que je peux dire, c’est que si le bateau coule, je ne compte pas rester devant l’orchestre à l’écouter jouer…

    ;-)

  13. Mr Y a dit :

    @ Patrick

    Je soulevais simplement une question : considérant que toute société repose sur un système plus ou moins solidaire, doit-on alors admettre que les individus le constituant puisse se désolidariser librement sans se sentir responsable de le mettre en péril.

    Il est évident qu’une société impose des contraintes aux individus qui la composent mais doit on aujourd’hui revendiquer le droit de s’en affranchir.

    Par exemple, les impôts qui servent à financer école, retraite, santé, route, réseau sont le résultat d’un taux appliqué à une assiette. Si tous ceux qui estiment payer trop d’impôts émigrent pour des paradis fiscaux (mais continuent de vivre et de “profiter” en France, ils diminuent l’assiette, ce qui nécessite une augmentation du taux et donc de la pression fiscale et augmente alors le sentiment de payer trop d’impôts et donc pourrait encourager à sortir partiellement du système… etc etc

    Il y a donc lieu alors de considérer que ces personnes même si elles assument leur choix, peuvent avoir une responsabilité à l’égard du collectif.

    Ainsi et c’est là que se trouve toute la complexité de cette réflexion entre le fait d’assumer ses choix, d’être responsable de ses choix mais aussi d’en mesurer les conséquences globales et non pas immédiates.

    N’avons nous pas une responsabilité collective qui pourrait nous dicter certains de nos choix ou faut il s’en affranchir au nom de sa propre et entière liberté ?
    C’est un peu la théorie de l’effet papillon..

    Ainsi si le bateau coule, est ce seulement la responsabilité du bateau, ou des premiers marins à avoir quitté le navire à la première vague un peu forte ?

    J’ai beaucoup apprécié les développements faits chez vous sur la responsabilité, je n’ai pas encore pu laisser ma modeste contribution mais la réflexion m’a passionné.

  14. Patrick a dit :

    Votre contribution sera la bienvenue…

    Si je suis votre raisonnement et que je m’appelle Monsieur Johnny, que je quitte la France parce que son régime fiscal ne me convient pas, je ne suis pas solidaire de ma patrie.

    Avec ce même raisonnement, si je m’appelle monsieur sans-nom et que je décide de quitter mon pays du tiers-monde où je ne supporte pas le niveau de vie (tout le monde meurt de faim chez moi), alors vous pensez que je manque de solidarité.

    Oui, Monsieur Johnny a des moyens que monsieur sans-nom n’a pas. Mais à partir de quel niveau de vie devient-on un traître à sa patrie si on la quitte pour aller chercher de meilleures conditions ailleurs ?

    Je comprend votre raisonnement, mais il ne me semble pas applicable.

    Si je reviens à ces retraités, ils n’ont pas le niveau de monsieur Johnny. S’ils vendaient leurs bien pour aller s’installer au Maroc ou en Grèce ou la vie est moins chère, là-bas ils pourraient peut-être s’offrir du thé et du café…

    Si vous comptez leur faire la morale, ce sera sans moi.

    Et parce que je crois que tous les hommes naissent libres et égaux en droit (etc…) si je pense que ces gens-là ont le droit de le faire, je ne vois pas pourquoi monsieur Johnny ne l’aurait pas. Ce serait de l’injustice.

    D’ailleurs, dois-je vous préciser que si je réalise que je vis dans une société injuste, je risque de décider de partir ailleurs et vous pourrez me dire que je suis injuste vis-à-vis de cette société, je vous rétorquerai que je ne fais que me conduire à son image… ;-)

  15. Mr Y a dit :

    Le problème n’est pas de quitter mais en l’espèce de se “défiscaliser” et de rester vivre en France. Ce qui à mon sens se rapproche plus du parasitisme (peut etre louable) que de la responsabilité.

    Que monsieur Johnny quitte la France peu m’importe, mais alors qu’il n’attende pas que la France lui garantisse la perception de ses droits d’artistes, la sécurité de ses bien, l’éducation de ses enfants…

    Que monsieur Sansnom ou ces retraités choisissent de vivre ailleurs, je leur reconnais ce droit. Ils choisissent un nouveau système, auquel ils adhéreront complètement.

    La question était ici d’assumer ses choix, si je considere le systeme injuste alors je suis en droit de le quitter mais si j’assume mon choix alors je devrais le quitter complètement ou alors si je souhaite en profiter encore un peu c’est que je ne le trouve pas si injuste que çà..

  16. Patrick a dit :

    Dans l’absolu je suis tout à fait d’accord avec ce que vous exprimez.

    Dans la pratique, je crois qu’il y a dans la nature humaine une certaine propension au compromis qui, effectivement, déstabilise le système…

    La difficulté étant de déterminer quelle part de compromis est acceptable.

    Pouvez-vous affirmer que vous respectez scrupuleusement toutes les lois et institutions de notre système ? Pour ma part je ne pense pas, même si je fais des efforts ;-)

    Cela devient très vite complexe à gérer.

    Les retraités par exemple vont garder leur nationalité française, ils toucheront leur retraite française qu’il dépenseront en pays étranger, ils reviendront en France avec leur carte de sécu pour se faire opérer de la cataracte, etc…

    Et que penser des français résidents en france qui vont faire de la chirurgie dentaire en Hongrie en se faisant rembourser des frais moins chers par la sécurité sociale française ?

    Les critères étant plus que difficiles a établir, j’ai bien peur qu’on tombe vite dans le jugement et l’arbitraire, ou dans une société qui va prendre de plus en plus le contrôle dans nos vie.

    Personnellement, je peux beaucoup plus facilement accepter qu’un individu lèse le système, plutôt que le système lèse un individu. c’est une question de sensibilité. Le système ne souffre pas physiquement.

    Kafka est toujours vivant ;-)

  17. Mr Y a dit :

    En effet, c’est souvent une histoire de compromis.

    Je ne peux sans doute pas affirmer que je respecte toutes les règles mais je m’y efforce, justement au nom de cette philosophie, même si à la fin on finit presque par se dire qu’on est peut être le dernier à ne pas profiter du système…

    Mais c’est alors là que j’arrive au bout de mon raisonnement car si on pense “individualisme” alors on ne peut pas penser aussi “collectivité”… ou alors il faut savoir faire le grand écart

    J’ajouterai seulement qu’un individu ne lèse pas la société, il lèse les autres individus. Une société n’est pas une entité à part entière, et c’est peut etre nous “déresponsabiliser” de la voir ainsi. Cela ne veut pas dire que j’autorise les autres individus à en léser un seul, je ne prône pas l’oligarchie, la ploutocratie ou l’aristocratie, je me contente de dénoncer le “parasitisme”.

  18. Patrick a dit :

    Vous dites : Mais c’est alors là que j’arrive au bout de mon raisonnement car si on pense “individualisme” alors on ne peut pas penser aussi “collectivité”.

    Tout à fait, je suis d’accord pour penser “collectivité” tant que cela ne met pas mon “individu” en péril. Pour moi la limite est là.

  19. Mr Y a dit :

    @ Patrick

    Sourires, la boucle semble bouclée alors..
    Ma question étant simplement de savoir si nous n’avions pas une responsabilité collective qui pourrait primer sur les aspirations individuelles…

  20. Patrick a dit :

    On a toujours le droit de mourir pour défendre sa patrie, mais cela dépend de notre patriotisme…

    Pour le reste, ça se discute ;-)

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