Pas de béquille pour Caliméro
Souvent lorsque vous faites par à autrui de vos malheurs, vos soucis ou petits tracas quotidiens, vous recevez en échange un “c’est pas de chance”, “mon pauvre”, voire “c’est con” ou quelque chose dans le style voulant exprimer une certaine forme de complaisance voire de compassion.
J’ajoute, pour ne pas paraitre complètement naïf, que bien souvent cette affliction est aussi profonde qu’éphémère et que votre interlocuteur vous dirait “je m’en fous” que çà serait sans doute aussi sincère.
Toutefois, est ce seulement dans ma nature, ou dans la nature humaine, on s’habitue à ces échanges de politesse et l’on qualifiera vite d’égoiste voire de sale con celui qui oserait défier la bienséance et ne pas prendre part au malheur d’autrui.
Imaginez alors les échanges :
- “j’ai perdu mes papiers” : “t’avais qu’à faire attention !”
- “mon ordinateur est en panne” : “et alors ?”
- “j’ai raté mon train” : “çà t’apprendra à arriver à l’heure !”
Mais après tout, pourquoi compatir à ces tracas sans conséquence si ce n’est que pour conforter la “victime” dans le sentiment d’injustice qu’elle peut ressentir et l’encourager finalement à se plaindre et à rechercher chez autrui une forme plus ou moins aléatoire de soutien moral et de réconfort.
Nous en avons déjà parlé, un peu ici mais surtout ailleurs www.partaje.fr/accuser-les-autres , mais une fois “l’aléa” survenu, il s’avère sans doute plus efficace de “responsabiliser” celui qui le subit pour mieux le faire rebondir.
Alors c’est sur, au départ, çà suprend : nous avons nos habitudes, nos reflexes, on s’attend à être plaint, dorloté, chouchoutté jusqu’à ce que la “douleur” toute relative disparaisse. Mais si dans ces petits malheurs nous étions surs de ne pas recevoir cette compassion alors peut être serions nous plus attentif à la réalité de nos soucis.
N’est ce donc pas la compassion recherchée et attendue de l’autre qui rend encore notre tracas plus douloureux ?
J’ai longtemps aimé “faire mon caliméro” et j’ai souvent recherché auprès de Mrs S une oreille, une main tendue, un kleenex voire une béquille… mais l’oreille elle me la tire, la main elle me la met dans la figure, le kleenex elle le garde pour essuyer ses larmes de rire, et la béquille aussi (d’ailleurs) pour ne pas se tordre de rire devant mon discours larmoyant.
Alors j’ai souvent pesté, la trouvant trop dure ou insensible, me disant si elle m’aime elle pourrait me plaindre (au moins un peu) mais aujourd’hui timidement encore je voudrais juste lui dire merci pour cette leçon de vérité.
Soutenir, çà n’est pas larmoyer de concert sur les soucis quotidiens
Compatir, il faut encore que cela soit sincère et donc qu’il y ait une vraie raison
Aimer, c’est surtout être là pour ne pas laisser l’autre se perdre….
Mr Y
25 avril 2008 à 5:22
“Aimer, c’est surtout être là pour ne pas laisser l’autre se perdre…”
Magnifique conclusion, merci MR Y